Le jeune trompettiste d’origine libanaise relie, dans un passage secret, la musique arabe et classique, le jazz et la syncope électro. Son père, Nassim Maalouf, qui fut son premier maître, est l’inventeur de la trompette « quart de ton » permettant de couvrir toutes les gammes, les modes et les tonalités des musiques arabes. « Cet instrument parle simultanément mes deux langues, l’arabe et le français » s’amuse à rappeler Ibrahim Maalouf. Diplômé du Conservatoire supérieur de musique de Paris, il devient vite l’instrumentiste préféré de la chanson (M, Arthur H, V. Delerm, T. Fersen, Lhasa…). Mais c’est avec Diasporas, son premier album, que ce chercheur impénitent qui se frotte au rock, à l’improvisation comme aux musiques traditionnelles, délivrera sa musique fervente et inclassable.
Souffle lumineux, univers onirique, solos en spirale, l’envoûtement qu’il distille oscille constamment entre la mélancolie et l’euphorie. Quelque part entre Oum Kalsoum, James Brown ou Miles Davis, il possède un son totalement personnel et creuse un sillon original, pavillon ouvert aux vents de toutes les influences. Mais, il tient bon la barre mélodique et « cherche à jouer avec le plus de douceur possible ». Finesse des attaques, sonorité feutrée ou constellée d’éclats cuivrés, la trompette d’Ibrahim Maalouf découpe le silence avec une rare élégance. Et dans ses compositions parfois méditatives, la pureté du son et le délié des notes, on devine au détour d’un solo, les bruissements du Liban et la joie d’être vivant.
Espace Malraux - Chambéry 28€, 14€, 9€
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