texte Samuel Beckett,
mise en scène Bernard Levy
En 1954, la pièce provoqua divers scandales, au point d’obliger une représentation à s’interrompre dès le premier acte. Elle est aujourd’hui considérée comme l’un des chefs d’œuvre du théâtre français du XXe siècle. Et, depuis le temps qu’il se fait attendre, ce Godot aurait pu lasser nos expectatives les plus endurcies. C’était sans compter, aujourd’hui, sur une équipe théâtrale hors pair. Celle-là même qui a su nous réjouir avec une autre facétie métaphysique du même Beckett (Fin de partie présentée en 2008 au Théâtre Charles Dullin).
Une troupe qui, scrupuleusement, suit à la trace les errances joyeuses de compères vagabonds (Vladimir, Estragon, Pozzo et Lucky). Larrons en foire obstinés à croire, sur leur « route avec arbre », en une rédemption qui tarde à épeler clairement son nom ou montrer son visage. Demande-t-on raisonnablement à un fantasme universel (rencontrer un « sauveur ») de se concrétiser ?
Le spectacle de Bernard Levy est une réussite indéniable, considéré comme l’un des plus jubilatoires de ce début d’année 2009. Jeu des acteurs, drôlerie du texte et de l’interprétation, lumières, décor et costumes, son : tout est en effet requis pour ravir nos yeux et nos oreilles ainsi comblés par une densité convoquant, à l’unisson, tous les plaisirs.
Théâtre Charles Dullin - Chambéry 28€, 14€, 9€
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